Comme le remarque Dan Israel (arrêt sur images), l'œil des "zappeurs" de Canal + est redoutable, et leur sens de la juxtaposition un art parfois cruel.
Dans le Var, pour ses obsèques, la religieuse avait interdit par avance la présence des caméras et des hommes politiques. A Paris, les politiques sont applaudis à leur entrée à Notre-Dame lors de la messe commémorant sa mémoire, et France 2 et TF1 se battent pour obtenir en exclusivité l'interview de Jacques Chirac.
Les dernières volontés de sœur Emmanuelle face au "cirque médiatique".
Courrier international signale que la chaîne de télévision japonaise TV Asahi proposait dans son journal de 5 h 30, le 21 octobre, un reportage amusant sur l'initiative prise par la chaîne de supérettes 7-Eleven qui propose désormais à ses clients d'emporter leur café dans un gobelet McCain (rouge) ou Obama (bleu). Quand on sait que la chaîne vend 1 million de cafés par jour, le choix du gobelet peut servir d'indicateur pour connaître les préférences des électeurs. Un site Internet a été mis sur pied pour suivre la tendance à l'échelle régionale et nationale. sans surprise, Obama a les faveurs des amateurs de café : au 21 octobre, les gobelets bleus (60%) devancent les rouges (40%).
Sarah Palin, candidate républicaine à la vice-présidence des Etats-Unis a affronté samedi soir au cours de la célèbre émission Saturday Night Live, son double, l'actrice Tina Fey, qui l'incarne depuis plusieurs semaines sur le mode comique.
La coiffure, la petite jaquette rouge, les lunettes à monture d'écaille, tout y était. Tina Fey, apparue en premier, avait tous les tics de l'original: ses clignements d'yeux, ses sourires, son accent et les expressions crues dont Palin émaille volontiers ses conférences de presse.
Pendant le numéro de Tina Fey, la vraie Sarah Palin, suivait le sketch hors caméra aux côtés du producteur du show, Lorne Michaels: "vous savez, Lorne, je ne crois pas que ce soit une peinture réaliste de la manière dont mes conférences de presse pourraient se dérouler", a-t-elle commenté.
Et d'ajouter qu'elle aurait aimé qu'il la laisse quant à elle jouer un sketch sur "30 Rock", autre émission satirique à laquelle participe aujourd'hui Tina Fey. "Franchement, il n'y a pas assez de gens qui connaissent ce programme", a répliqué un Lorne Michaels pince-sans-rire.
Puis Sarah Palin n'a pas dit un mot quand l'acteur Alec Baldwin -partenaire de Tina Fey dans "30 Rock"- est apparu, faisant semblant de prendre la colistière de John McCain pour l'actrice et plaidant auprès de Lorne Michaels pour qu'il ne laisse pas venir l'humoriste sur le plateau avec la candidate républicaine à la vice-présidence.
"Il s'agit de l'élection la plus importante dans l'histoire de notre pays et vous voulez que notre Tina" prenne place au côté de "cette horrible femme", a lancé Baldwin.
L'acteur a ensuite feint l'embarras quand Lorne Michaels l'a présenté à Sarah Palin, demandant à la candidate de lui pardonner et ajoutant: "vous êtes bien plus sexy en vrai".
Ce à quoi la gouverneure de l'Alaska, qui avait déjà aidé Baldwin quand il avait accroché sur son surnom de "Caribou Barbie", a répondu: "Merci, et je dois dire, votre frère Stephen est mon préféré des frères Baldwin".
La caméra est alors revenue sur Tina Fey dans le rôle de Palin, en train de répondre à une question sur les sondages. "Je ne m'inquiète pas des sondages", ils sont juste un moyen fantaisiste de "prédire systématiquement ce qui va se passer. Le seul sondage dont je me soucie" concerne "le pôle Nord et il... fond".
La vraie Sarah Palin est alors arrivée sur le plateau de la conférence de presse, faisant fuir Tina Fey...
Pour conclure, une petit jeu sur une autre vidéo du Saturday Night Live ("Alaskan Rap") : est ce Sarah Palin ou Tina Fey qui est présente à l'image ?
Note d'actualisation du 22.10.08 : Le parti républicain aux Etats-Unis a dépensé la bagatelle de 150.000 dollars (environ 116.000 euros) pour habiller et maquiller Sarah Palin, colistière du candidat à la Maison Blanche John McCain, a affirmé mardi 21 octobre le site internet Politico. Le principal organe de recueil de fonds des républicains a dépensé des dizaines de milliers de dollars dans des grands magasins de luxe comme Saks, Neiman Marcus, Barney's, Bloomingdale's à New York, St. Louis, et Minneapolis. La somme de 4.716,49 dollars a été dépensée en coiffure et en maquillage au mois de septembre. Ce poste de dépenses n'apparaissait pas sur les comptes du parti avant la désignation de la gouverneure de l'Alaska, en août. Tracy Schmitt, une porte-parole du ticket McCain-Palin, a assuré qu'il avait "toujours été prévu que les vêtements ainsi investis soient cédés à une organisation caritative après la campagne". "Avec toutes les questions importantes auxquelles le pays est confronté, il est incroyable que nous passions du temps à parler de pantalons et blouses", a-t-elle également déclaré. Une autre porte-parole, Maria Comella, a "refusé de donner des détails sur ces dépenses et sur les raisons pour lesquelles il était nécessaire de dépenser autant", a indiqué Politico. L'état-major de campagne républicain "ne commente pas les décisions stratégiques sur la façon dont les ressources financières sont dépensées", a expliqué Maria Comella sur le site. Deux magasins de vêtements pour bébés figurent sur la liste des dépenses, "suggérant que 295 dollars ont été dépensés pour habiller le dernier des Palin sur le chemin de la campagne", a ajouté Politico, évoquant le cinquième enfant de la candidate au poste de vice-présidente, né en avril. Cerise sur le gâteau, 4.902 dollars ont été dépensés début septembre à l'Atelier, une boutique très huppée réservée aux hommes.
Le 19/20, le journal de France 3 Pays Gardois du 17 octobre 2008 était diffusé à partir d'un salon de l'érotisme à Nîmeset ceci nous a valu de bien belles images...
Une nouvelle attraction fait fureur à la mairie de Bodman-Ludwigshafen, dans la région du lac de Constance : une sculpture de dix mètres de long, œuvre du sculpteur allemand Peter Lenk. Elle représente plusieurs personnalités politiques allemandes : la chancelière Angela Merkel, l'ancien chancelier Gerhard Schröder, l'ancien ministre-président de Bavière Edmund Stoiber… Hilares et dénudés, ils se tiennent mutuellement par l'entrejambe pour former une ronde. "Ils ont du plaisir à former des coalitions, à consommer et à copuler", explique Peter Lenk au quotidien Die Tageszeitung. Alors que les touristes affluent, la presse s'interroge : cette sculpture a-t-elle été payée avec l'argent du contribuable ? Quant aux élus locaux de la CDU, l'Union chrétienne-démocrate, parti d'Angela Merkel, ils s'indignent. Pour eux, l'œuvre n'est ni plus ni moins qu'une "cochonnerie".
Retour sur cette embuscade et sur ce qui ressemble de plus en plus à un mensonge d'Etat... Voici pour commencer, toujours sur le site Arret sur Images, une chronique deDaniel Schneidermannpubliée le 04/09/2008 à propos du reportage "choquant" de paris Match :
Donc, les talibans reçoivent Match. Pas n'importe quels talibans: les-talibans-de-l'embuscade. En personne. Avec certificat d'authenticité. Au menu, thé à la menthe, papotages, biscuits, et prises de guerre (fusil-mitrailleur français, montre appartenant à l'un des soldats français). Et en passant, une menace: "tant que vous resterez chez nous, nous vous tuerons".
Match ne consacre pas sa Une à ce message (sa Une, c'est Melissa-Theuriau-de-M6, et son grand bonheur d'être bientôt maman), mais Match est sur toutes les antennes, répondant gravement à cette question grave : les talibans ne sont-ils tout de même pas très forts en propagande ?
Bien sûr, qu'ils sont très forts. Et la touche complète d'ailleurs leur portrait noir. On les dépeignait déjà inhumains, totalitaires, coupant les doigts des femmes. L'opération Match est l'occasion pour tout le monde de rappeler leur diabolique habileté. L'ennemi ne doit pas être seulement cruel: il doit être rusé. L'embuscade médiatique talibane rappelle d'ailleurs les fameuses "cassettes de Ben Laden", balancées sur Al Jazeera, voici quelques années, au moment où l'on s'y attendait le moins. Et la surprise était telle qu'il arriva que CNN interrompe ses programmes, pour diffuser en direct, de longues minutes, une harangue enflammée qui promettait feu et sang à l'Amérique. Tout plutôt que de se faire distancer par la concurrence. Ceux qui ont reçu Match savaient ce qu'ils faisaient.
Côté propagande, nous faisons différemment, mais nous ne sommes pas mauvais non plus. Notre confrère de France 3, Pierre Babey, racontait sur le plateau pourquoi aucune photo n'a été prise de l'arrivée des cercueils des militaires français à l'aéroport. Avec quelques semaines de décalage, on mesure ce que nous avons manqué. On en apprend davantage sur les circonstances de cette arrivée. Pour Le Nouvel Obs, Florence Aubenas a rencontré une des familles de ces militaires. La revue de presse d'Inter résume son papier. La famille raconte comment les familles ont longuement attendu le Premier ministre, à l'aéroport, jusqu'au coeur de la nuit. Elle raconte que rien n'identifiait chacun des dix cercueils, chaque famille cherchant le sien. Elle raconte que Fillon , venu s'incliner sans un mot, a été sifflé quand il est parti. "Vous étiez au courant, Hervé Morin ?" demande le responsable de la revue de presse d'Inter à Morin, présent dans le studio. Et Morin, après une seconde d'hésitation: "non, je n'étais pas au courant de cet aspect des choses". On ne peut pas tout savoir.
Et pour completer, voici quelques extraits d'un article édifiant publié par Le Monde en date du 05.09.08 :
" Nos chefs sont passés nous voir avec le président, lâche l'un d'eux, les cheveux ras et le bras couvert d'un tatouage, ils ont donné leur version et c'est celle-là qui restera. (...) Mais nous, poursuit-il, on était sous le col et on pense qu'on a été lâchés et qu'on s'est fait baiser ; ils nous ont laissés là-haut tout seuls pendant des heures." "Ces témoignages seront minimisés par le ministre de la défense, Hervé Morin, et par le chef d'état-major des armées, qui arguent de «la fragilité psychologique» des blessés. L'état-major assure, par la voix du sous-chef «opérations», le général Benoît Puga, qu'«aucune erreur de commandement» n'a été commise, et donc «aucune enquête n'a été diligentée »". "Le Monde a pu avoir accès à certains éléments de cette enquête. Ils tendent à confirmer la version des blessés. La section du 8e RPIMa, bloquée sous le col, n'a reçu de renforts que trois à quatre heures après les premiers tirs. Les insurgés ont été en mesure de tirer entre cinq heures et demie et six heures d'affilée sans être interrompus par les forces de la coalition. La question du temps de réaction constitue un " trou noir " au sein du dispositif de l'OTAN, estime un officier à Kaboul." "Selon des éléments transmis par les drones Predator, les insurgés sont descendus de leur crête et sont venus au contact des Français blessés. Quatre d'entre eux ont péri, selon deux sources militaires, la gorge tranchée au couteau. Le général Puga a plus tard simplement confirmé l'usage d'armes blanches."
Actualisation du 24/09/2008 :
D'après le Canard Enchaîné paru aujourd'hui, le colonel Aragones – commandant du 8ème RPIMa, le régiment touché par une embuscade le 18 août – aurait interdit tout commentaire sur le site internet des familles du régiment, et menacé ces mêmes familles de plainte pour diffamation.
"Ulcéré par les critiques" sur les ratés du commandement lors de l'embuscade, le colonel Aragones aurait émis sur le site des familles un communiqué indiquant que "ses hommes disposaient du meilleur équipement" et interdisant tout commentaire. Le chef de corps serait allé jusqu'à menacer de plainte les familles de soldats qui auraient émis des critiques trop virulentes : "J'utiliserai tous les moyens légaux mis à disposition, y compris la plainte ciblée pour diffamation, pour trouver qui est à l'origine."
Plus sérieux que le chemisier de Claire Chazal (quoique...), un petit retour sur l'étrange décontraction du président de la République lors de son voyage à Kaboul suite à l'embuscade ayant fait 10 morts parmi les soldats francais.
Cette légèreté du président a scandalisé nombre d'internautes sur les forums d'Arret sur Images.